Tour du Vieux-Lille en -1H

La Place aux oignons

Dans le berceau de la ville de Lille

Répertoriée dans tout bon guide touristique comme une des plus jolies places de Lille, la Place aux Oignons jouissait d’une toute autre réputation dans les années 1970.

En effet, ce lieu très prisé pour ces terrasses fleuries quand vient l’été, fut le cadre de quelques films noirs en raison de son image de véritable coupe gorge pour qui s’y aventurait. Replongez-vous notamment dans le film d’Henri Verneuil –  Le corps de mon ennemi  - (1976) et redécouvrez Jean-Paul Belmondo et Marie France Pisier dans les ruelles sombres et inquiétantes du Vieux-Lille.

Pour revenir à l’histoire du nom de la place « aux oignons », par laquelle on accède soit en empruntant la rue des Vieux-Murs ou la rue au Pétérinck, elle puise son origine au Moyen-Age. Emplacement de l’ancienne motte féodale, un donjon avait été érigé à cette place. Or, en latin donjon se dit « Dominium » et au fil du temps, le terme aurait évolué vers « dominion » pour aboutir à « oignons ».

De nombreuses adresses gourmandes occupent cette place pittoresque derrière laquelle se dresse la cathédrale Notre Dame de La Treille dont la fameuse façade moderne laisse plus d’un visiteur perplexe…

Entre la place aux Oignons et la place Gilleson sur laquelle est érigée ND de La Treille, nous nous trouvons dans le berceau originel de la ville de Lille. C’est à cet endroit que se dressait l’ancien château cerclé d’eau à la genèse de la naissance de la ville de Lille (originellement nommée Isla, du mot latin insula signifiant littéralement île).

L’idéal : se poser en terrasse lorsque le soleil s’invite sur la place et imaginer l’ancien canal qui reliait la Place Gilleson aux quais de la Deûle et profiter du patrimoine architectural exceptionnel qui se dresse devant vous…

Le Quai du Wault

Quand Lille était faite d’eau

Lille est une ville anciennement constituée de canaux, tous comblés à ce jour. Une ville faite d’eau dont le quai du Wault reste un des témoins privilégiés.

Il est tour à tour intitulé Petit Port de la Neuve-Navie en 1370, puis Quai Saint-Martin en 1872, pour se fixer définitivement en 1882 sous l’appellation quai du Wault. Séparé de la Deûle en 1966, ce bassin reste aujourd’hui l’un des derniers vestiges de Lille en ville rivière.

Emplacement très prisé des lillois lorsque vient l’été notamment pour son carré de verdure propice aux pique-niques, le quai du Wault a connu une intense activité commerciale que nous avons bien du mal à nous figurer aujourd’hui. De vieilles photographies du siècle précédent témoignent pourtant d’un ballet de grandes péniches marchandes déchargeant leur cargaison sur le quai du Wault.

Loin de cette période, le secteur du quai du Wault jouit d’une quiétude très appréciable au cœur de la ville. Lui faisant face, le couvent des Minimes et ses briques flamandes restent un lieu incontournable de par la richesse de son patrimoine architectural.

Cet ancien couvent du XVIIe siècle, classé monument historique, abrite depuis quelques années maintenant un hôtel 4 étoiles et un restaurant de très bonne facture. Il faut voir le cloître et la cour intérieure de 2500 m² surplombés d’une immense verrière pyramidale.

La rénovation du quai du Wault est, on peut le dire, une véritable réussite. Cet espace avec son plan d’eau, à la jonction entre la Citadelle et les rues sinueuses du Vieux-Lille, est un des héritages les plus caractéristiques du cœur de ville historique.

Rue de Gand

La rue où il fait bon se restaurer

Thaïlandais, estaminet, japonais, bistronomie… la rue de Gand, qui s’affiche comme LA rue des restaurants à Lille, propose tout type de cuisine au cœur du Lille historique.

Ce sont de vieilles demeures flamandes aux façades colorées qui jalonnent cette rue animée du Vieux-Lille. Il faut voir durant l’été, lorsque le secteur devenu piéton, prend un air de Montmartre avec toutes ces terrasses qui prennent possession de la chaussée.

On y accède par la jolie place Louise de Bettignies et on débouche sur un des édifices emblématiques du patrimoine historique lillois : la Porte de Gand. Comptant parmi les 3 derniers vestiges du temps où Lille était une ville fortifiée (avec la Porte de Roubaix et de Paris), la porte de Gand fut édifiée au début du 17e siècle. Fait original, un restaurant gastronomique occupe le haut de la Porte de Gand. Une halte gourmande très appréciable dans un écrin atypique, moderne et préservé.

En poursuivant son chemin en direction de la rue des Urbanistes, le temps d’une balade digestive, on arrive sur la Place aux Bleuets.

Au fil des siècles et au gré des événements, les rues de Lille ont pris le nom d’un monument, d’un édifice religieux (la rue des Urbanistes tire par exemple son nom de l’ancien couvent des Urbanistes qui est aujourd’hui occupé par le Musée des Canonniers), d’une corporation ou encore d’une institution. Ici, cette place aux Bleuets tire sa dénomination d’une maison accueillant des orphelins à compter du XVe siècle : la Grange aux bleuets qui perdurera jusque dans le courant du XVIIIe siècle. Les dits orphelins, vêtus de drap bleu, étaient alors surnommés les « bleuets ».

Rien à voir avec une quelconque fleur comme certains peuvent donc le penser …

Rue de la Clef

De l’underground aux enseignes branchées

Il y a quelques dizaines d’années, la rue de la Clef était à Lille ce qu’est le quartier Rouge à Amsterdam. Une rue des plaisirs qui avait alors bien mauvaise réputation.

Lorsqu’on remonte la rue de la Clef aujourd’hui, les adresses sulfureuses qui se refilaient sous le manteau ont laissé place aux boutiques de mode et coiffeurs branchés où il est de bon ton d’être vu !

Nichée derrière l’Opéra et le Palais de la Bourse (Siège de la CCI), la rue de la Clef est une des plus anciennes rue de Lille. Elle doit notamment son nom à “L’Hôtel de la Clef” fondé en 1793.

Cette rue emblématique du Vieux-Lille a vu son visage subir bien des métamorphoses au fil des années. Mal fréquentée il y a 30 ans, elle arborait une allure délabrée il y a encore dix ans : immeubles insalubres et façades laissées à l’abandon. Peu à peu, elle attire les tenants de la culture underground. Elle accueille des créateurs de mode originaux et les acteurs de la culture alternative (magasins de musique et de vinyles). Désormais, elle est occupée par des enseignes prisées par une large part de la jeunesse lilloise chic et urbaine.

Il reste cependant quelques boutiques qui ont conservé leur typicité : entre autres, L’Atelier de la Sorcière Verte et sa papeterie fourmillant de bonne idées depuis plus de 20 ans ou encore Dialogue Théâtre, reconnaissable à son masque suspendu et sa façade d’un autre temps.

Les occupants de la rue de la Clef ont à cœur de conserver et faire perdurer ce que fut l’âme de cette rue. A cette fin, il organise chaque année “La Journée de la rue de la Clef” dont ce sera la 6e édition au printemps 2016.

Une façon de montrer que cette rue à l’histoire atypique reste un peu à part dans le paysage du Vieux-Lille.

Rue de la Monnaie

Art flamand et douceurs sucrées

Voilà une rue bien connue des lillois et très fréquentée par les amateurs de shopping. Concept shops, restaurants, boutiques de mode branchées et adresses gourmandes : la rue de la Monnaie, une des plus vieilles de Lille, est incontournable.

Intégrée dans le secteur Sauvegardé du Vieux-Lille, cette rue commerçante aux flamboyantes façades flamandes des XVIe et XVIIe siècles, tire son nom de l’Hôtel des Monnaies (ou Hôtel Juge Garde des Monnaies) localisé dans cette artère à l’époque Moderne.

Nichée dans la rue, l’Hospice Comtesse est un des lieux les plus emblématiques du Vieux-Lille. Cet ancien hospice, fondé par Jeanne de Flandre en 1277, symbolise parfaitement cet architecture typiquement flamande faite de façades richement ornées et aux couleurs vives.

A proximité direct de ce qui est aujourd’hui un musée, on peut voir un pan de mur s’ériger, seul, de part et d’autre d’un petit chemin débouchant sur le parc jouxtant l’Hospice Comtesse.

De quoi s’agit-il ? De l’unique vestige d’un moulin officiant au Moyen-Age. Celui-ci alimentait en eau les boulangers de l’Hospice Comtesse installés alors rue au Pétérinck (le nom de cette rue tire justement son origine du mon Pétrin = Pétérinck).

Lorsque la météo le permet, il n’est pas rare de voir entre midi et deux les lillois travaillant dans le secteur improviser un déjeuner sur l’herbe à l’ilot Comtesse : le parc attenant au musée.

Le dimanche, ce sont les terrasses de la Place du Concert, au bout de la rue de la Monnaie, qui se remplissent le temps du marché dominical. Très fréquenté, vous y trouverez tous les bons produits des producteurs et artisans du coin : poissons frais en direct de Boulogne-sur-Mer, belles pièces du boucher, fruits et légumes ou encore le traditionnel poulet rôti.

Et pour terminer ce repas du dimanche en beauté, comme les résidents du quartier, faites une halte au n°67, pour un délicieux Merveilleux de chez Fred !

Rue des Bouchers

Voilà une rue qui a réussi sa mue et accueille désormais des restaurants chics et gourmands.

Malpropre, surnommée le « trou », la rue des Bouchers est une petite artère du Vieux-Lille reliant la rue de la Barre à la rue Thiers qui a longtemps jouit d’une réputation peu flatteuse. On y retrouve cette architecture typique du quartier ancien faite de façades mêlant grès, brique et pierre calcaire.

Enjambée par un canal qui n’existe plus depuis 1912, la rue est devenue le coin des gastronomes avec ses nombreuses adresses de restaurants prisés par les gens du quartier mais aussi par les gourmands de tous horizons.

La locomotive fut certainement l’installation du Bloempot, la cantine flamande ouverte par Florent Ladeyn en 2013. Cet ancien candidat de l’émission Top Chef sur M6 a posé ses couteaux de cuisine au n°22. Point d’enseigne clinquante, tout juste une grande porte bleue derrière laquelle se cache la cuisine authentique et gourmande du chef nordiste.

D’autres belles et bonnes adresses sont à découvrir dans cette rue. Entre autres : l’Atelier gourmand, où la cuisine bretonne se mêle à celle du sud; le Standard qui vous séduira par son cadre et sa cuisine savoureuse ou encore le Oui qui proposent des plats simples et inventifs.

Non loin de là, rue de la Barre, un autre participant de l’émission culinaire de M6 a élu domicile dans la cuisine, récemment étoilée, de la Table de l’Hôtel Clarance. C’est un ancien hôtel particulier, comme le Vieux-lille en renferme tant, qui abrite cet établissement. L’ancienne demeure de la Comtesse d’Hespel, à l’ombre de l’église Ste Catherine, dissimule un écrin de verdure de 300 mètres comptant un potager bio, des arbres fruitiers et une ruche.

La métamorphose de la rue des Bouchers est un pari réussi pour le plus grand plaisir des gourmets lillois et d’ailleurs.

Rue des Chats-Bossus

Marcher la tête en l’air pour apprécier les trésors de cette rue

En voilà une rue avec un bien drôle de nom ! La rue des Chats-Bossus est à la jonction entre la rue Basse, Grande-Chaussée et la Place du Lion d’Or. Un secteur où enseignes chics et luxueuses se disputent au faste du patrimoine architectural environnant.

On ne présente plus feu l’Huitrière dont la superbe façade Art déco reste l’unique témoin de la grandeur passée de cet ancien restaurant de poissons et crustacés étoilé. C’est ici même que se pressaient tout le gratin lillois et le beau monde de passage dans la capitale des Flandres.

L’Huîtrière n’est plus. Mais, à défaut de pouvoir déguster un plateau de fruits de mer, dirigez-vous vers la boulangerie-pâtisserie du Lion d’Or situé dans la Place du même nom. Vous y dégusterez une tarte, intitulée le Lion d’Or. Fine couche de caramel, morceaux de pêche et crème chibouste lui donnent un goût inimitable dont la recette reste un secret bien gardé.

Autre centre d’intérêt de la rue des Chats-Bossus, c’est l’origine même du nom de cette artère du Vieux-Lille.

A partir du Moyen-Age, la rue fut très largement occupée par des tanneurs et corroyeurs qui avaient pour habitude de signaler leur enseigne par le biais de peaux de bête et autres têtes d’animaux empaillés. Ceux-ci étaient pendus en haut des boutiques.

En témoignage de ce passé, on peut voir un chat faisant le dos rond, la truffe dans une chope de bière, suspendu à la façade de l’immeuble situé au n° 12.

Lors de vos déambulations dans les environs ou lors de vos séances de shopping, pensez-donc à lever les yeux pour ne rien louper de cet exceptionnel patrimoine historique qu’offre le cœur de la vieille ville.

Rue Esquermoise

Bienvenue dans la ville historique.

Amateurs de meubles, déco et autres objets tendances, la rue Esquermoise est faite pour vous ! Idéalement située à proximité de la Grand’ Place, elle se veut la porte d’entrée du Vieux-Lille avec ses rues pavées et ses façades colorées chargées d’histoire.

Cette rue, dont on trouve des traces dès le XIe siècle sous le nom de rue « Eskelmoise » ou encore « Esquelmoise », tire son nom de la commune d’Esquermes, du fait de son rôle d’artère menant au village d’Esquermes, située au nord de Lille, durant le Moyen-âge.

Aujourd’hui, la rue Esquermoise s’affirme comme une des principales artères commerciales du Vieux-Lille avec une spécificité marquée pour les boutiques de bouche, meubles, et décorations. La rue renferme notamment une des adresses gourmandes mythique de la région : la pâtisserie Meért. On ne se lasse pas d’admirer cet écrin datant du XVIIIème siècle, connue certes pour sa fameuse gaufre dont le Général De Gaulle se régalait, mais pas que ! A proximité de la confiserie lilloise, une façade renferme entre ses murs une histoire autrement originale : l’Omnia. Ce lieu, connu et fréquenté des lillois en sa qualité de brasserie gourmande, fut au XIXème siècle une maison close puis un cinéma « porno » jusque récemment (début des années 90).

Si tous les édifices et immeubles peuplant la rue Esquermoise ont su conserver une part d’histoire et un charme indéniable, il ne reste plus trace du tramway à destination de Quesnoy-sur-Deûle, qui traversait l’artère pour déboucher sur la Grand’Place et ce, jusque dans les années 1970.

Mais inutile d’utiliser un quelconque transport pour déambuler dans cette rue pavée et profiter des nombreux commerces spécialisés. Ce qui ne manquera pas de faire le bonheur tant des amateurs d’architecture flamande que des mordus de shopping !

Rue Royale

Entre hôtels particuliers et demeures bourgeoises

S’il y a bien une rue dont les dénominations successives collent parfaitement aux affres de l’histoire politique française, c’est bien la rue Royale !

Nommée rue Nationale en 1793, elle devient rue Impériale en 1804 pour reprendre le nom de rue Royale en 1814. Ce n’est cependant pas fini ! Elle est à nouveau baptisée rue Impériale durant les Cent Jours (1815) et se fixe définitivement sous l’appellation rue Royale suite au départ de l’Empereur.

La rue est aujourd’hui connue des lillois pour ses bars branchés qui font le bonheur des noctambules. Ce qui caractérise aussi et surtout la rue Royale, c’est sa typologie particulière : elle offre en effet 2 visages.

La première partie, au croisement de la rue Esquermoise et de la Barre, est occupée par les bars et restaurants. Cet axe pavé cesse à la jonction de la terrasse Sainte Catherine où la rue prend une forme intermédiaire, faite d’une chaussée lisse affichant de part et d’autre un patrimoine architectural exceptionnel, constitué notamment d’hôtels particuliers.

A voir au n° 77, un château bourgeois de 1400 m² doté de deux dépendances et d’un jardin de 500m² devenu propriété de la Banque de France en 1922. Ce lieu d’exception fera office de logement de fonction pendant plus de 80 ans avant que l’institution ne s’en sépare en 2013 pour la modique somme de 2.91 millions d’euros !

Cette demeure a pour voisin le siège de la Banque de France, au n° 75, édifice tout aussi fastueux mais à l’origine du funeste destin de son propriétaire : le Comte d’Hespel. Entamant la construction en 1893, il finit par être ruiné en raison de l’ampleur des travaux et met fin à ses jours, pendu à un lustre…

En remontant la rue en direction de l’Eglise Saint-André, on ne manquera pas de passer devant l’Hôtel de Wambrechies, siège de l’Archevêché de Lille depuis 1913 ; l’Hôtel de Lamissart au n°130 qui fut occupé par le Gouverneur Von Heinrich durant la 1e Guerre Mondiale ; les Magasins généraux au n°133, imposante bâtisse, classée Monument historique, créée au XVIIIème siècle et faisant office de magasin à blé pour lutter contre les disettes.

Vieille Bourse

Considérée comme l’un des plus beaux monuments de Lille, voire LE plus beau, la Vieille Bourse située Grand’ Place, fait face à l’Opéra.

Depuis le Vieux-Lille, on débouche sur ce magnifique édifice par les rues Grande-Chaussée et Lepelletier ou encore la rue de la Clef.

Ce bâtiment d’inspiration flamande fut construit à la demande des marchands lillois entre 1652 et 1653 par l’architecte Julien Destrée. Et ce, en vue d’offrir aux commerçants un abri pour leurs négoces sur le modèle de la bourse du commerce préexistante à Anvers.

24 bâtisses furent construites à l’identique, toutes richement ornées et entourant une cour en arcades. L’architecture flamboyante des lieux captive notamment par l’abondance et la variété des décors largement inspirés de la Renaissance flamande.

Aujourd’hui, en levant les yeux et en observant attentivement les blasons ornant les façades du bâtiment, on peut voir des logos bien plus contemporains que ce qui pouvait se faire au XVIIème siècle et notamment le logo EDF !

Classée monument historique en 1921, la Vieille Bourse va bénéficier d’une large politique de rénovation en 1989 (et jusque 1998) sous l’impulsion de l’Etat mais aussi d’une trentaine d’entreprises partenaires dont le fameux fournisseur d’électricité français qui a tenu, comme les autres mécènes, à ériger leur blason sur l’édifice.

Ouverte au public, la cour intérieure accueille du mardi au dimanche un marché de livres d’occasion, des joueurs d’échecs et à l’arrivée des beaux jours, des soirées dédiées à la pratique du Tango. Ces dernières se déroulent chaque dimanche soir de juillet à septembre.