Découvrir le Vieux-Lille à travers ses monuments emblématiques 

De passage dans la capitale des Flandres ? Si votre séjour à Lille est limité; pour ne pas avoir à choisir entre shopping, terrasses au soleil ou encore visite des musées de la métropole lilloise, nous vous proposons une découverte du quartier incontournable du Vieux-Lille en 1h avec l’Office du Tourisme de Lille.

Passage obligé pour toute personne en visite à Lille, le quartier du Vieux-Lille renferme plusieurs lieux emblématiques qu’il est possible de découvrir en une petite heure, tout en prenant le temps de se laisser conter l’histoire des monuments qui font la vieille ville.

Rendez-vous sur l’emblématique Grand-Place, place du Général-de-Gaulle, au pied de la colonne de la Déesse qui affiche fièrement son profil.

Il faut savoir que jusqu’au 13e siècle, l’actuel Grand’Place est entièrement recouverte d’eau. Ce n’est qu’au milieu du 14e siècle que celle-ci va être aménagée en place de marché. On trouve d’ailleurs encore la trace du premier pavage datant du 15e siècle à proximité de la fontaine actuelle.

La Grand Place marquait l’entrée dans le bourg ancien de la Ville

La statue qui surplombe ce monument est communément appelée « la Déesse ». Il faut savoir que ce terme est en fait inapproprié. En effet, il ne s’agit pas d’une déesse mais d’une allégorie de la ville de Lille. Cette statue commémore le siège de Lille par les autrichiens en 1792.

Cinquante ans après ce siège, la ville choisit d’ériger ce monument. Bien plus que le siège qui ne dura que 8 jours, ce sont les 1000 maisons détruites par les incendies dus aux boulets de canons de l’armée impériale autrichienne que cette statue commémore.

Mais l’histoire de cette « Déesse » ne s’arrête pas là ! A l’origine, cette statue n’avait pas vocation à se trouver sur la Grand’Place de Lille mais au sommet de l’Arc de Triomphe à Paris ! Dans le projet originel du célèbre monument parisien, il était prévu de surplomber l’Arc de Triomphe de statues représentants les différentes villes de France. Mais par manque de budget, ce projet finit par passer à la trappe et l’Arc de Triomphe reste sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Goutant très peu cette décision parisienne, le sculpteur de la Déesse finit par faire don de sa création à la ville de Lille alors en recherche d’un monument pour la Grand’Place.

Le plus beau monument lillois

Faisant face à la Déesse, on peut voir ce qui est incontestablement un des plus beaux monuments de Lille : la Vieille Bourse. La municipalité lilloise autorise la construction de ce bâtiment au 17e siècle à la demande des commerçants œuvrant sur la Place du Marché (actuel Grand’Place). La Vieille Bourse c’est 4 ailes et 24 maisons qui après construction, furent vendues aux enchères aux marchands. Ces derniers installent leurs échoppes au rez-de-chaussée avec pignon sur rue et à l’étage, on retrouve leurs habitations.

Il n’y a plus de logements à l’heure actuelle. Ceux-ci, trop petits, sont dorénavant des locaux occupés par les commerces présents au rez-de-chaussée.

On doit la réalisation de la Vieille Bourse à l'architecte Julien Destrées. Le premier niveau à été conçu en grès : pierre communément utilisée dans les bâtisses du Vieux-Lille en raison de sa capacité à ne pas laisser passer l'eau et l'humidité. Aux niveaux supérieurs, ce sont la brique et la pierre, classiques de la région, qui ont été employées conjointement avec les nombreuses ornementations flamboyantes dans le pur style de l'époque.

l'intérieur de la Vieille Bourse, on peut voir que la décoration est totalement différente de l'extérieur. Certes les guirlandes de fruits sont toujours là mais au premier niveau, on observe de nombreux masques grotesques de différentes formes. On compte aussi toute une galerie de portraits datant du XIXème siècle (Pasteur, Ampère...). Des portraits visant à saluer les hommes nés ou ayant oeuvré dans le Nord de la France. Anciennement, une statue de Napoléon trôné au centre de la cour intérieure qui fut retirée par la municipalité. A l'écart du tumulte de la Grand'Place, la Vieille Bourse offre une parenthèse exceptionnelle.

Entrée dans le tracé médiéval du cœur de ville

En quittant la Vieille Bourse pour se diriger vers la rue de la Grande Chaussée, on passe devant un rang de 14 maisons : le rang de Beauregard situé place du Théâtre. Cette rangée de maisons, typique de l'architecture du Vieux-Lille, interpelle. Comment savoir où commence et où finit une maison ? Une petite invention à l'initiative des architectes contemporains de ces constructions permet de répondre à cette question. Entre les fenêtres, aux niveaux supérieurs, des petits anges ont été réalisés. Lorsque ces anges se regardent, il s'agit du même propriétaire; lorsque les anges se tournent le dos, c'est un mur de séparation.

Notre route se poursuit vers la rue Basse puis en remontant la rue du cirque, on arrive sur le Parvis de la Cathédrale Notre-Dame de La Treille. Pour comprendre la présence de cette façade moderne qui laisse plus d'un lillois sceptique, il faut revenir sur l'histoire de cette Treille.

Jusqu'au XIXème siècle, il n'y a pas de cathédrale à Lille dans la mesure où la ville n'est pas le siège de l'archevêché de la région. Mais alors que Lille s'industrialise et s'enrichit fortement dans le courant du XIXe, de riches industriels vont faire pression pour que Lille devienne le diocèse du secteur.

C'est chose faite : Lille devient le diocèse en lieu et place de la ville de Douai. Dès lors, un concours est lancé pour la conception de la Cathédrale. Ce concours est gagné par un duo d'architectes anglais. Un problème se pose... Il est impensable pour le prêtre de la paroisse que ce soit des anglicans qui se voient confier la construction d'un édifice catholique ! Il fait appel au Pape lui-même pour s'opposer à cette décision.

On opte donc pour un architecte français, Charles Leroy, dont le projet gigantesque s'inspire des édifices gothiques flamboyants du Moyen-Age, à l'image de la Cathédrale de Reims.

La première pierre est posée en 1854 et les travaux débutent véritablement en 1856. L'emplacement choisi pour cette cathédrale se justifie par la présence de la motte castrale dans cet espace. C'est ici que la ville de Lille, alors faite d'eau, est née. Cependant, on finit par très vite manquer d'argent pour la poursuite des travaux. Le corps de la Cathédrale (chœur, nef et transept) n'est achevé qu'en 1947 ! Soit plus d'un siècle plus tard. Et toujours pas de façade pour cette cathédrale. Cependant, le manque d'argent, le total désintérêt de la population et de la municipalité pour cet édifice religieux ne permettent pas de mener le projet à son terme. Nous sommes bien loin de la ferveur religieuse du Moyen-Âge qui aura permis la construction de cathédrales flamboyantes. Ainsi, le choix au XIXe siècle d'une construction dans le style néo-gothique et avec tant de gigantisme était probablement anachronique au regard de l'époque.

La façade prévue dans le plan originel de Leroy aurait dû accueillir deux tours et leurs cloches. A cette fin, un riche donateur fera don en 1870 des deux cloches au diocèse. Les travaux étant loin d'être finis, on érige un clocher temporaire à côté de la cathédrale. Un clocher en brique sans fioritures qui accueille les deux cloches dans l'attente de la fin des travaux. Or, ce clocher devient définitif.. On peut le voir encore aujourd'hui à coté de la Treille.

Vous pourrez voir à l'intérieur de la cathédrale une maquette datant de 1912 présentant le projet initial, faramineux, de Charles Leroy. Telle qu'elle était prévue, la façade de la Treille aurait dû se retrouver au pied de la rue du Cirque. En somme, il n'y aurait pas eu de parvis dans la conception du tissu urbain comme il était pensé à l'époque... Le choix d'une façade moderne se décide par la municipalité lilloise et se réalise en 1999. Cette façade translucide met fin à plus d'un demi-siècle de brique, de bâches en plastique et de bois qui recouvraient la toute jeune cathédrale de la Treille.

Place aux oignons, rue des Vieux-murs, Parvis de la Treille : ancien tracé médiéval et château comtal.

Direction l'Hospice comtesse après avoir laissé derrière soi l'ancien tracé médiéval dont la rue des Vieux-Murs et la place aux oignons gardent une vive trace.

On passe pour l'occasion devant des maisons datant du XVIIIe siècle qui ont la particularité d'avoir de larges ouvertures au premier niveau. Il s'agit là d'ateliers faisant office de toutes premières "usines" textiles. L'industrialisation était bien en route et l'industrie textile le fer de lance de la région. Ces très larges fenêtres permettaient d'avoir le plus de lumière possible pour travailler sur les métiers à tisser.

Nous voici dans la cour d'honneur de l'Hospice Comtesse après avoir emprunté l'entrée principale rue de la Monnaie. Construit en 1237 par la volonté de la comtesse de Lille Jeanne de Flandre, l'hospice Notre-Dame est légué par cette dernière à la municipalité après sa mort. La condition émise par la comtesse était que ce lieu soit employé comme hospice à destination des pauvres et indigents.

Les bâtiments actuels ne datent pas du XIIIe siècle. La partie la plus ancienne est celle qui renferme le Musée. Il s'agissait de l'aile des nonnes : les Sœurs Augustines. Elles étaient en charge des malades et veillaient sur l'Hospice. Au premier niveau de cette bâtisse, il y avait la lingerie, la pharmacie et la cuisine. Les sœurs étaient connues pour être de très bonnes cuisinières. Une cuisine qui attirait tous les mortels de la Cité, sans être dans le besoin. le deuxième niveau renfermait leurs cellules.

Le grand bâtiment blanc date pour sa part du XVIIe siècle. Vide aujourd'hui, il faisait office de salle des malades à l'époque. On peut voir un décrochement au sommet qui témoigne de la présence d'une chapelle.

La troisième aile, celle par laquelle nous entrons dans la cour, fut construite au XVIIe siècle. La façade extérieure est fut réalisée par l'architecte de la Vieille Bourse. Elle est plus richement décorée que l'intérieur qui avait une vocation religieuse. Dès le XVIIe siècle, les cellules extérieures sont louées à des commerces pour contribuer à financer l'Hospice.

La dernière aile fut construite au XVIIIe siècle selon le style classique : aucune décoration, toujours cette verticalité propre au style classique.

L'Hospice fonctionnera jusqu'à la Révolution Française. Durant cet épisode de l'Histoire française, les Sœurs Augustines seront chassées de l'Hospice et ne reviendront jamais. D'autres congrégations s'installeront au cours des siècles suivants.

Après la Révolution, l'Hospice sera réservé aux vieillards et orphelins et ce, jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Dès lors, la municipalité choisit de fermer l'Hospice en raison de sa vétusté.

Mais devant le potentiel de ce lieu, son héritage historique, patrimonial, la ville de Lille choisit d'acheter les bâtiments dans les années 1950 avec le projet d'en faire un faire un musée. En 1962, il est décidé de faire de l'Hospice un musée d'éthnographie. La scénographie de ce musée finira par évoluer pour devenir un musée sur l'art de vivre à Lille et des institutions hospitalières des XVII et XVIIIe siècles.

Nous voilà au terme d'un circuit qui nous aura permis de révéler les facettes architecturales des principaux édifices du Vieux-Lille.
Cette visite n'aurait pu se faire sans le concours de l'office de Tourisme de Lille.

Pour participer à une visite guidée du Vieux-Lille, rendez-vous à l'Office de Tourisme de Lille : 03 59 57 94 00. Palais Rihour, place Rihour ou sur lilletourism.com